Article invité : Les conseils de Yann DECHAUX quant au marquage des équipements

Nous vous proposons ce mois-ci un nouvel article invité. Suite au guide que nous vous proposons ici et qui vous a beaucoup plu, sur le marquage des EPI, nous avons convié Yann Déchaux à répondre à nos questions.

Il a très gentiment accepté de vous partager son savoir et son expérience sur le sujet.

 

Bonjour Yann, pouvez-vous vous présenter?

Bonjour, je suis Yann Dechaux, responsable d’une société de formation depuis 7 ans, du nom de CAFSAT.

Je tutoie la corde depuis plus de 25 ans, notamment par le biais de l’escalade, de la spéléologie, des travaux sur corde...

Je couvre plusieurs domaines d’expertise par rapport aux EPI. Dans un premier temps, la recherche et le développement (par exemple les points d’ancrage en matière plastique), j’ai d’ailleurs plusieurs projets en cours. Dans un deuxième temps, je suis testeur de produits pour plusieurs fabricants. Et enfin, j'ai été responsable d’un groupe d’étude technique à l’école française de spéléologie, avec une spécialisation sur l’évolution sur du matériel dit léger, c’est-à-dire les cordes de faible de diamètre.

 

Parlez-nous un peu de CAFSAT, votre société :

CAFSAT est une entreprise dédiée uniquement à la formation et l’accompagnement autour de la sécurité anti-chute avec une partie revente de matériel. La base du travail est d’accompagner les encadrants de société comme les responsables d’équipe ou les QSE dans leurs méthodologie face au risque de chute. Cet accompagnement peut déboucher sur du développement de nouveaux modes opératoires ou nouveaux produits en relation avec les obligations légales.

> Toutes les infos sur CAFSAT sur leur site internet en cliquant ici 

Quelles sont, selon vous, les notions à connaître en terme de marquage des EPI ?

Il y a plusieurs choses à prendre en compte :

  1. Il faut bien lire la notice du fabricant, qui souvent (en tout cas aujourd’hui) propose un endroit où l’on a la possibilité de faire ce marquage.
  2. Être conscients qu’il existe des techniques de plus en plus abordables comme la micro-gravure ou le marquage laser pour le métal.
  3. Adapter son marquage au support, comme le textile où il faut se borner à la zone définie par le fabricant, puisque les solvants de feutres ne sont pas ou pas forcément compatible avec les matières utilisées (sauf si c’est une ancre proposée par le fabricant).

 

Pouvez-vous nous définir les grandes familles en devenir en terme de marquage?

Il y a en a deux :

  • le QR code (Quick Response code) : c’est un code-barre en deux dimensions qui comprend donc plus d’informations qu’un code barre classique. Pour l’utiliser, il faut évidemment que ces codes soient associés à un système informatique et vous aurez aussi besoin d’un lecteur (ou douchette). Aujourd’hui on peut aussi bénéficier d'une interface avec son portable c’est super intéressant (pour avoir le numéro de série notamment).
  • la RFID : c’est une puce, avec capteur qui permet de récupérer des informations sur le produit : c'est le numéro de série qui est le plus intéressant, même si en vrai on peut avoir plein d’informations comme le lien vers la notice d’utilisation.

 

Qu’elle est selon vous, l’avenir du marquage des équipements?

Aujourd’hui, il a des systèmes en cours de développement et de déploiement au sein de la grande distribution sur les produits de tous les jours. Vous en avez peut-être déjà entendu parlé : l'idée de simplifier le passage en caisse par une lecture automatique de l'ensemble du caddie en utilisant la technologie RFID.

On attend donc que cela soit bien développé et opérationnel, mais surtout démocratisé pour ensuite appliquer cette technologie aux équipements avec notamment l'utilisation de tels portiques permettant de scanner le salarié et donc l’ensemble des équipements qu’il porte.

En d’autres termes, on attend que ça soit bien développé sur d’autres secteurs pour le mettre en application sur le nôtre, ce qui offrira des solutions fiable et pas chère. L’avenir, ça serait donc la RFID.

 

Pourquoi attendre et ne pas développer ces outils nous-mêmes ?

Notre secteur ne possède pas les ressources nécessaires. Aujourd’hui, la grande distribution détient de plus gros moyens que nous et rencontre elle aussi une réelle problématique : le vol, qui génère des millions en terme de perte pour ces géants de l’industrie. Pour cette raison, les moyens sont mis en place. Il y a plus de 8 ans, on parlait déjà de RFID, Béal avait développé un système qui est aujourd'hui intégré dans plusieurs produits.

La problématique réside dans le fait que si chaque fabricant développe son propre système de numérotation, alors le codage utilisé par les puces ne sera pas la même d’un fabricant à l’autre, ce qui risque de fausser les informations par la création de doublons.

 

Comment faire en attendant cette technologie qui semble être révolutionnaire pour ce secteur d’activité?

Il faut faire évoluer la norme concernant les méthodes de traitement des numéros d’identifiant unique. Ensuite il faut que les fabricants y trouvent un réel intérêt, mais ça peut venir vite avec l'évolution de la règlementation sur la traçabilité totale allant de la fabrication jusqu’a la mise au rebut du matériel, les distributeurs sont alors concernés et pourront imposer aux fabricants de s'organiser et proposer une solution viable.

Une fois cette normalisation écrite, les fabricants pourront intégrer directement une puce dans le matériel avec une harmonisation des techniques de traçabilité, ça serait l’idéal.

En attend il existe diverses façons de marquer ses EPI :

  • marqueurs feutres sur les espaces dédiés (étiquettes),
  • système laser, qui dure dans le temps et devient abordable, à défaut,
  • un stylo à micro-percution pour les éléments métalliques

Plus d’informations et de précisions dans le guide « Comment marquer vos EPI » téléchargeable ici, rédigé avec Ronald DIQUELOU.

 

Le mot de la fin?

Uniformiser les numéros uniques d'identifiant est une méthode qui marche dans les grandes surfaces et qui est tout à fait adaptable aux EPI via la normalisation.

Imaginez le salarié qui passe la porte de l'entreprise ou de la caserne, le système scanne tout ce qu’il y a dans le camion.Plus d’oublis ou d’erreurs. L’erreur humaine restera dans la programmation, mais plus dans l'opérateur qui a chargé le camion.

Le suivi des EPI par un marquage efficace rejoindra l'aspect logistique de gestion des équipements en entreprise.

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