Comment bien choisir son EPI ?

C’est une question qui me revient souvent. Comment choisir son EPI ? En effet, il est important que celui-ci soit adapté aussi bien aux salariés qu’à leur activité. Oui, mais comment choisir ? Quel est le bon choix ? Quels sont éléments à prendre en compte ?

Autant de questions auxquelles je vais tenter de répondre au travers de ce nouvel article.

Les obligations de l’employeur

Un petit rappel du Code du travail Article L4121-1 qui prévoit que :

« L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. […] L’employeur veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes.».

J’en profite aussi pour rappeler que l’employeur risque jusqu’à 3 750 euros d’amende. Et, si l’un de ses salariés est blessé ou tué, le Code pénal prévoit jusqu’à 75 000 euros d’amende et 5 ans d’emprisonnement. Pour plus de détails, mon article «qu’est ce que ça coûte de ne pas gérer ses EPI» est toujours disponible.

Dans bien des cas, le prix d’achat est un frein pour les employeurs. Aussi face à cela, les fabricants et les distributeurs proposent des équipements certifiés à petits prix.
L’employeur doit prendre en compte quatre éléments :

  • l’importance du risque,
  • la fréquence de l’exposition
  • les caractéristiques du poste de travail
  • les performances de l’EPI

Afin de l’aider au mieux dans sa prise de décision concernant la mise à disposition et l’utilisation des EPI, l’employeur doit consulter le CHSCT ou à défaut des délégués du personnel ou autres prestataires qui peuvent vous aider et vous accompagner.

Dans certaine situation de travail bien particulière, comme les opérations comportant un risque d’exposition à l’amiante, l’arrêté du 7 mars 2013, J.O du 14 mars 2013, par exemple, imposent à l’employeur le recours à des EPI préalablement déterminés.

Les contraintes liées à l’activité

Afin de fournir un EPI adapté, de nombreux paramètres, tels que l’environnement du poste de travail ou la simple activité en elle-même, entrent en jeux.

Quelques paramètres doivent donc être pris en compte et surtout identifiés et analysés pour choisir un EPI approprié.
Voici quelques règles qui peuvent vous aider :

  • lister les risques et les contraintes de chaque poste de travail
  • définir le niveau d’intensité de ces risques
  • tenir compte de la manipulation et de la tâche à accomplir
  • définir la durée de l’exposition
  • analyser la compatibilité des différents EPI
  • tester les EPI sélectionnés

Les contraintes liées aux utilisateurs

J’avais brièvement abordé le sujet dans un précédent article, mais le port d’EPI, aussi obligatoire et nécessaire soit-il, peut être tout aussi inconfortable. C’est souvent une des raisons pour laquelle les salariés refusent de porter leur EPI.

Parmi les nombreux arguments on retrouve souvent : la gêne dans le travail, l’inconfort souvent lié au poids de l’EPI ou à la transpiration, l’apparition d’irritations ou encore l’aspect inesthétique de l’EPI.

Pour éviter cela, vous pouvez mettre en place une période d’essai durant laquelle le personnel pourrait évaluer si l’EPI est vraiment à l’origine des inconforts cités ci-dessus. Ne perdez pas de vue l’aspect esthétique du matériel, qui renvoie une image valorisante du salarié et de votre entreprise. Les fabricants et les distributeurs proposent de plus en plus d’équipements modernes et designs.

Notez également que cette période d’essai peut être importante puisque certains EPI, comme pour les appareils de protection respiratoire, l’ajustement à la morphologie de l’utilisateur conditionne l’efficacité de la protection.
Vous pouvez sinon faire appel à un service de la santé au travail qui pourra vous conseiller et vous assister dans cette tâche.

 

 
Une écoute attentive de vos salariés et de leur argument vous permettra de mieux anticiper leurs besoins et ainsi de leur proposer un EPI adapté.
Il ne faut pas oublier d’allier confort et sécurité. Ainsi l’utilisateur n’aura pas de réticence à s’équiper. N’oubliez pas qu’un bon EPI est avant tout un EPI porté.

Voici donc un bref récapitulatif de ce que vous devez prendre en compte lors de l’achat d’un EPI :

  • le confort,
  • la gêne,
  • les risques,
  • la compatibilité entre plusieurs EPI.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire les articles précédents :
Quelles aides financières pour prévenir les chutes de travaux en hauteur  ?

Les chutes de hauteurs représentent la deuxième cause d’accident du travail avec 17 %, juste derrière les accidents de manutention...

Fermer